Voyager en pays de hautes montagnes, là où la culture des gens est restée fidèle au temps, n'implique pas forcément d'avoir à relever sans relâche les plus durs défis physiques.  Depuis longtemps, nous cherchions un endroit où le dépaysement total saurait se marier à un certain confort, pour un séjour sans trop de difficultés. Cet endroit, nous l'avons trouvé chez les Berbères, d’abord dans la vallée mythique des Aït Bougmez (les gens heureux !) et enfin dans celle de l’Anergui, toutes deux encaissées au cœur du Haut-Atlas marocain.  Et si la vallée des Aït Bougmez vient tout juste d'être gagnée par l'électricité, et celle de l’Anergui par la route, elles se laissent encore parcourir lentement, comme nous aimons le faire, à pied.  Encore la plus belle façon d'apprécier à la fois cette différence et, surtout, cette ressemblance entre les peuples… Un voyage au rythme de pas donc, mais aussi au rythme de la sieste après le dîner, de l’invitation à prendre le thé et goûter la dernière récolte de noix, du beurre à baratter qui couvrira le pain de la collation, des cerises ou des figues mûres à cueillir sur les branches surchargées avant la récolte.  

Entre l’infini désert du Sahara et les hautes chaînes de montagne de l’Afrique du Nord, c’est ici que nous avons eu envie de nous attarder, dans ces deux vallées envoûtantes, ainsi qu’aux gorges et cols qui les séparent.  S’attarder, admiratif, à ce que l’homme a su façonner, mettre à sa main, de ce milieu sauvage pour assurer sa subsistance : maisons étagées en pisé sur les versants abrupts, pâturages sur les hauts plateaux, greniers ancestraux perchés sur les collines et champs irrigués en terrasse où regorgent en saison orge et blé, cultures maraîchères variées, vergers de pommes, poires et pêches, noix et amandes, figues et coquelicots.

Enfin, notre coup de cœur pour les vallées d’Aït Bougmez et de l’Anergui, c’est aussi le rire, les chants, l’accueil… et la rencontre des femmes berbères, un cadeau immense dans un pays où on ne les voit que trop peu.  Elles semblent ici plus présentes qu’ailleurs, plus ouvertes à ces rencontres avec le voyageur qui n’est pourtant que de passage.

 
 
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